Stéphane Collignon - Interview collective

Publié le par Aphraël

Voici, tranquillement, la suite des interviews réalisées avec Imagin'Aix.

Les prochaines suivront, une par jour, pas de jaloux !

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Bonjour à tous,

Comme nous n'avons pas chômé aux Imaginales, je vous propose en projet parallèle d'interviewer Stéphane Collignon, dessinateur chez Bragelonne de diverses couvertures sublimes : Petite présentation de l'illustrateur avec des liens sur ses couvertures chez Bragelonne.



Il a également réalisé des bandes dessinées : Requiem Tenebrae en commun avec d'autres illustrateurs, Lex et Neurotrans.

 

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Et voilà ! cheers

Notre premier interview réalisé à partir d'un projet Imagin'Aix. Very Happy

Stéphane Collignon s'est ouvert avec beaucoup de simplicité et de gentillesse, et l'ensemble du projet s'est révélé passionnant.
Je vous laisse découvrir ses réponses, fouillées et emplies de passion pour le dessin.

Je laisse la place à un jeune illustrateur, qui, je l'espère, deviendra toujours plus talentueux, et rencontrera un succès à la mesure de son travail époustouflant.


_______________________________________________________________

_ Comment en êtes-vous venu au dessin ? Qui vous a inspiré dans votre jeunesse ?

C’est une passion qui remonte à mon enfance, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé beaucoup de temps à cette occupation et là où la plupart des gens délaissent le dessin en vieillissant, j’ai choisi de mon côté de poursuivre sur cette voie.
Au fil des ans, mes inspirations ont été diverses et multiples. Dans ma jeunesse, elles ont surtout été liées à la bande dessinée, j’en lisais énormément, surtout des comics américains ( strange, nova…). Je pense qu’aujourd’hui encore, l’on peut ressentir cette influence américaine sur mon trait.

_ Avez vous fait des études de dessin, comment vous êtes décidé à lui consacrer votre vie et passer le pas de l'amateurisme au professionnalisme ?

J’ai suivi un cursus assez classique d’études artistiques. Après l’obtention d’un bac F12 Arts Appliqués, j’ai intégré une école d’Arts Graphiques ( l’EMSAT à Paris) puis j’ai terminé avec deux années en Fac d’arts plastiques à St Denis. En faire mon métier s’est imposé d’une manière assez naturelle, je ne me voyais pas faire autre chose. J’ai eu la chance que cela marche et je croise les doigts pour que cela dure !

_ Le dessin est-il devenu un métier à part entière pour vous, ou dessinez-vous encore de temps en temps pour le plaisir ?

C’est devenu un métier à part entière, avec tout ce que cela implique, on ne peut éviter certaines périodes de routine ( surtout avec la BD qui est un travail de longue haleine ). Je ne dessine donc plus pour le plaisir, façon de parler bien sûr puisque cela reste un métier fort passionnant que je pratique avec beaucoup de plaisir !

_ Fréquentez-vous d'autres illustrateurs ou la concurrence est-elle un frein à l'échange entre dessinateurs ?

Oui, je connais d’autres dessinateurs et même si la concurrence reste une réalité, c’est la vie, l’échange entre dessinateurs reste une chose importante. C’est toujours enrichissant d’avoir un autre avis sur son travail, on n’a pas toujours le recul nécessaire et certaines choses peuvent passer à la trappe. Si c’est constructif, cela peut permettre d’avancer, j’y attache donc pas mal d’importance.

_ Arrivez-vous à vivre de votre art ?

Oui, je m’en sors. Avec une marge de progression non négligeable d’année en année, pourvu que cela dure !

_ Quel travail vous intéresse le plus entre les pochettes de disque, les bandes dessinées ou les couvertures de roman ?

Je n’ai plus vraiment de préférences aujourd’hui, même si la BD reste mon premier amour, la combinaison des trois m’apporte un certain recul et est assez complémentaire. Travailler sur une pochette de disque ou une couverture de roman demande évidemment moins d’investissement qu’un album BD de 48 pages et cela permet aussi de casser la routine à enchaîner des cases et des cases. De plus, cela m’amène à rencontrer des gens que je n’aurais pas eu l’occasion de croiser dans le petit monde de la bande dessinée

_ Comment en êtes vous venu à faire de la bande dessinée ?

C’est une envie que je cultive depuis mon enfance, mais cela n’a pas été aussi simple. Après quelques entretiens avec différents éditeurs, je me suis vite rendu compte que je n’étais pas prêt aussi bien au niveau du dessin que de la compréhension du médium de la bande dessinée, un joli dessin ne suffit pas à raconter une bonne histoire ! Bref, j’ai bien écouté les différentes critiques des éditeurs et ai persévéré (il en faut, c’est d’ailleurs un premier test), ça a finit par se faire avec un premier contrat en 98 avec les éditions Glenat pour la série en trois tomes « Lex » (Scénario de Froideval).

_ Quels sont vos techniques et matériaux que vous préférez utiliser dans votre art ?

Je travaille de manière traditionnelle et j’utilise des encres et peintures acryliques. Je pars d’un crayonné assez poussé, cela me sert de base sur laquelle j’applique l’ambiance choisie, puis je réhausse l’ensemble à l’acrylique.

_ Utilisez-vous des techniques traditionnelles ou préférez-vous user d'une tablette graphique ? Dans ce cas, quel logiciel utilisez-vous (Photoshop, Painter...) ?

Donc, essentiellement de manière traditionnelle mais je ne suis pas du tout opposé au travail sur ordinateur. C’est d’ailleurs très intéressant de mélanger les deux, c’est le cas sur ma série BD du moment (« Neurotrans », scénario de Christian Vilà), je réalise dans un premier temps les planches en couleurs directes, c’est ensuite scanné et retouché sur photoshop, on peut ainsi pratiquement tout faire et cela apporte pas mal pour les effets de lumières, les transparences, le texte dans l’image ou pour dégager un plan par rapport à un autre. Voir son travail à l’écran apporte aussi un recul supplémentaire, cela serait dommage de s’en passer. Concernant les pochettes de disque, je travaille exactement de la même manière et de concert avec un ami graphiste spécialisé dans cette branche (dimitrisimon.com), il n’y a en fait que les couvertures de romans qui sont entièrement réalisées de manière traditionnelle, quoiqu'au moment du scan, un petit coup de luminosité/contraste n’est jamais malvenu.

_ Tenez-vous aisément compte des critiques formulées sur votre travail ?

Dans l’ensemble, oui et comme dit précédemment c’est important. Bon, il faut faire le tri et cela n’est pas toujours facile mais j’essaie d’en tenir compte lorsque cela me paraît honnête et constructif.

_ Comment en êtes vous venu à faire des couvertures pour Bragelonne ou d'autres maisons d'éditions ?
Vous estimez vous chanceux ?


La série BD « Neurotrans » est scénarisée par Christian Vilâ, également auteur de nombreux romans de genre, et c’est à l’occasion de la publication de l’un de ses romans (« Les mystères de St Petersbourg », passionnant d’ailleurs) qu’il m’a présenté aux éditions bragelonne pour la réalisation de la couverture. J’ai présenté quelques roughs à l’éditeur et l’aventure a ainsi commencé, d’autres séries m’ont ensuite été proposées et petit à petit, d’autres éditeurs m’ont contacté suite au travail réalisé pour les éditions bragelonne. Sinon oui, c’est une chance de faire ce que l’on aime.

_ Les maisons d'édition mettent-elles en avant votre travail ? Existe-t-il une vraie reconnaissance pour le travail d'un illustrateur ?

Plus ou moins, les éditions Bragelonne font du bon boulot là-dessus avec des séances dédicaces, marque-pages, posters ou expo, leur site présente bien les illustrateurs aussi. La couverture d’un roman reste importante pour la vente de celui-ci et je pense qu’il y a de plus en plus de reconnaissance par rapport à ce travail.

_ Comment se déroule les décisions avec les éditeurs pour chaque nouvelle couverture de roman ?

En général, je propose trois quatre roughs rapides d’idées différentes et c’est lui qui décide.

_ Combien de temps passez-vous à réaliser une couverture de roman ? Lisez-vous le roman pour trouver des idées ?
Quel est votre processus de création ?


Je passe un peu moins d’une semaine puisque j’aime d’abord lire le manuscrit pour bien m’imprégner de l’univers, je propose donc ensuite quelques roughs et une fois l’idée validée par l’éditeur, il me faut à peu près trois jours (trois jours intenses de marathon, on va dire) pour réaliser la couverture originale.

_ Avez-vous souvent des illustrations refusées ?

Pour l’instant non et le fait de présenter des roughs avant permet quand même d’éviter une mauvaise surprise.

_ Faites-vous plusieurs versions d'une même illustration, ensuite soumises à l'approbation de l'éditeur ?

Oui mais seulement en roughs, en général un crayonné rapide et assez simple au format A5.

_ Etes-vous parfois directement sollicité par un auteur afin d'illustrer son roman ?

C’est déjà arrivé effectivement, mais comme je l’ai déjà dis auparavant, la décision finale incombe à l’éditeur et non pas à l’auteur.

_ Quel est le travail qui vous a le plus plu, celui qui vous a demandé la plus grande maîtrise, et celui dont vous êtes le plus fier ?

Ca n’est pas évident… En général et à la vision d’une illustration imprimée, il y a toujours quelque chose dont je ne suis pas satisfait, c’est d’ailleurs une des richesses de ce métier, avoir l’impression d’avancer et de progresser à chaque nouvelle illustration. Donc, en ce qui me concerne, j’espère que le meilleur reste à venir.

_ Avez vous un projet particulier pour l'avenir ?

J’ai plusieurs projets, réaliser un album BD en solo me tient à cœur par exemple, mais ça n’est pas pour tout de suite. Je pense également enchaîner sur une nouvelle collaboration avec C. Vilà, une BD fantastique/historique autour de l’univers de Poe et j’apprécie évidemment le travail de certains autres scénaristes, ce qui débouchera, je l’espère sur de nouvelles collaborations. Le monde du cinéma et de l’animation m’intéresse aussi, pourquoi pas un jour ?

_ Etes vous régulièrement sollicité pour des séances de dédicaces ? En faites-vous régulièrement ?

J’en fais quelques unes, surtout à la sortie d’un album, et trois quatre par an pour les éditions Bragelonne.

_ Avez-vous un blog ou un site internet ?

Pas pour le moment mais c’est prévu.

_ Quels conseils donneriez-vous à des débutants souhaitant faire de l’illustration leur métier ?

Je pense qu’il faut être persévérant et ne pas hésiter à montrer son travail à un éditeur. Il est rare que cela marche du premier coup mais on sait au moins ce qui ne va pas et ce que l’on peut retravailler. Sinon et évidemment une base solide en dessin est nécessaire, quelques cours ne font jamais de mal !



Stéphane Collignon en pleine dédicace
:

Publié dans Imagin'Aix

Commenter cet article