Starfish - P. Watts

Publié le par Aphraël

starfish.jpg Un groupe d'humains est envoyé dans une centrale géothermique au niveau de la cheminée Channer, dans l'océan pacifique. La station, pour stresser ses habitants, et les choix des humains instables choisis pour cette mission d'un an va engendrer de multiples complications, dont certaines extrêmement inattendues.

 

Starfish est un roman de science-fiction situé en grande majorité au plus profond des océans. Les personnages principaux envoyés ont tous un passé psychiatrique complexe, et ont subi des chirurgies novatrices afin de leur permettre de vivre dans des conditions de pressions et de températures extrêmes. Evidemment, la claustrophobie y tient une place importante, surtout au début du roman, mais petit à petit l'équipe commence à s'adapter à ce nouveau milieu.

 

Présenté comme un "huit-clos inquiétant où les monstres ne rôdent pas seulement à l'extérieur", Starfish est autrement plus complexe que la quatrième de couverture ne le laisse présager. Peter Watts joue sur de nombreux tableaux. Biologiste marin, on comprend rapidement le choix d'un tel cadre, rigoureux et extrêmement précis face aux découvertes des océans. Mais la science-fiction apporte également de nombreuses questions complexes. La manipulation de ce groupe d'humains, ainsi que leur étude par l'entreprise qui les emploie est très finement rendue, ainsi que l'absurdité des hiérarchies et des jeux de pouvoir des grosses entreprises. De plus, la fin du roman laisse une ouverture passionnante sur de nouvelles possibilités, et une grinçante critique de l'avenir probable de notre société vis-à-vis des intelligences artificielles.

 

Ce roman aurait été terrifiant présenté en film. Le huit-clos, l'infinité opaque des profondeurs et ses monstres aquatiques joue sur une sensation d'oppression et de claustrophobie. Mais la justesse des analyses psychiatriques de chaque personnage dans un espace confiné aussi stressant, et de la réaction de chacun, confronté à un monde finalement plus simple et rassurant, offrent une analyse passionnante.

 

L'ensemble est différent, mais finalement aussi intrigant et brillant qu'un Métro 2033, offrant une évasion de grande qualité qui mérite d'être retenu. C'est l'un des meilleurs romans que je lirai cette année.

Publié dans Coups de coeur

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Guinea pig 21/01/2011 10:53


Au bout d'un moment, on finit par se sentir obligée (en italique) de lire certains livres... Bon, jusque-là je ne m'en plains pas, alors, je vais franchir le pas pour ce petit poisson !

Sans aucun rapport, dans la lignée Jane Austen/Sœurs Brontë/Jane Eyre, essaie à l'occasion "Miss Charity" de Marie-Aude Murail : ça ne peut que te plaire ! (Et puis il y a de belles aquarelles de
mignons lapins).


Aphraël 21/01/2011 14:24



Ouvre le seulement quand il te fera envie, hein !


Je note pour Murail (même si la perspective de belles aquarelles de mignons lapins n'est pas tout à fait pour m'inspirer...)