La Tour - Anthologie dirigée par S. Marchetto

Publié le par Aphraël

romancollectiflatour.jpgCritique  publiée sur Les chroniques de l'imaginaire.

 

La Tour... sujet vaste et passionnant. La Tour représente toujours un mystère. La Tour de Babel a marqué d'innombrables esprits, et la seconde anthologie des éditions Parchemins & Traverses nous présente un vaste ensemble de réflection autour d'escaliers interminables et d'innombrables mystères que peuvent recéler ces constructions humaines. Gare au vertige !

L'anthologie débute sur une très courte nouvelle de Nicolas Cranne, très percutante, habile pied de nez aux mythologies et à cette autre curiosité que sont les énigmes des Sphinx. Une introduction qui donne l'eau à la bouche et présage une qualité indéniable à l'ensemble...
Suit La Tour de Carol, de Noé Gaillard, qui comme le nom de l'auteur ne l'indique pas a choisi de se fondre dans le rôle d'une actrice pour nous offrir la vision d'une Tour vampire mystérieuse.
Le Reclut du Ponant de Sophie Dabat, qui suit, est une nouvelle bluffante, passionnante, que j'avais très envie de lire et qui m'a laissé sans voix. La plume de l'auteur construit un univers, une ambiance et une vision d'un monde inhumain tout en étant très logique à travers les yeux d'un Reclus, emmuré vivant dans sa Tour dans le but de prévenir les personnes sur qui il doit veiller en cas d'invasion...
Le Départ de Karim Berrouka offre à nouveau, après sa critique des effets de masse très personnelle dans Les Bourreaux (première anthologie de Parchemins & Traverses), une image intense de l'endocrinement humain face à la religion et aux croyances. D'un niveau moins humoristique, Karim arrive à donner à ses nouvelles une touche personnelle très intéressante.
234 degrés jusqu'au soleil de Menolly nous offre la vision d'un héros au nom curieux qui grimpe laborieusement pour les yeux d'une belle un immense escalier - également pour rétablir le soleil, mais ça reste un détail au moment de la décision.
Pétoxian 0.15 de Géraldine Blondel nous transpose dans un futur plausible, et une curieuse utilisation de la climatisation d'une tour de bureau.
L'Initié d'Hélène Fairmarch propose une nouvelle sur le même thème que La citadelle du vertige d'Alain Grousset où un jeune maçon s'interroge sur le monde d'en bas et l'utilité d'une construction sans fin d'une tour gigantesque... sauf que la recherche de la réponse entraîne un voyage et une réflexion au ton beaucoup plus adulte et percutante.
La Tour d'Asammée offre une nouvelle vision très bien construite de la folie.
Formulaire K, critique sous-jacente à la montée des marches d'un immense escalier de la bureaucratie et de la perte de compréhension entre les puissants et les employés... enfin, je vous laisse découvrir la chute de l'histoire et une nouvelle vision gorgée d'humour des chefs de notre propre administration, avec un peu de recul vis à vis de cette nouvelle.
Reflets et le narcissisme enfermé dans une tour de miroirs...
Puis, finalement, pour clôturer le tout, La Tour d'Al Minaq et la vision d'un paradis lointain et tellement inaccessible...

Pour résumer l'ensemble, toutes les nouvelles regorgent de talent, sont superbement illustrées, la qualité est au rendez-vous, et le mélange des genres offre un ensemble à conseiller, offrir, et égoïstement lire et relire quand l'envie nous prend.

 

Edition : Parchemins et Traverses, Collection : Les Anthologies des Réalités Imaginaires 2006, 177 pages ISBN : 2-9524693-2-6

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Anthologie dirigée par Sybille Marchetto

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