Dernières nouvelles de la Terre - P. Bordage

Publié le par Aphraël

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L'avantage, quand on organise une rencontre du forum de L'Atalante à Paris, c'est qu'on ramène deux merveilles en avance sur la parution. (Et qu'on rencontre enfin pleins de monde en vrai)

L'inconvénient, c'est quand le TGV rencontre une pénurie grave sur le trajet du retour (même s'ils ont géré relativement vite la situation pour nous trouver un autre TGV - seulement 1h45 de retard). Du coup, j'ai lu ce que j'ai sous la main. (Et je n'ai vraiment pas de quoi me plaindre là dessus).

 

Donc, Dernières nouvelles de la Terre est un recueil de nouvelles écrites par Pierre Bordage, dont les thèmes sont présentés comme "chers à l'auteur" - dont j'ai lu très peu de romans, honte à moi.

 

Sources, très beau clin d'oeil, offre une jolie réflexion sur l'ingratitude d'être un auteur, espèrant marquer ses lecteurs, à travers la visite d'un voyageur temporel.

La voix du matin fait froid dans le dos, et je ne voudrais pas gâcher la chute alors j'en resterai là.

Pedrito, où la corrida a rencontré une évolution sinistre dans un monde exsangue.

Dans le regard des miens, où parfois il ne vaut mieux pas revenir sur ses pas (ni bidouiller avec la génétique).

Fort 53 joue de façon très originale avec le mythe d'Arthur dans un monde futuriste.

Son nom est personne, énorme clin d'oeil jubilatoire, où un voyageur temporel rencontre Jules Vernes jeune et obtient quelques réponses à nos questions.

On va marcher sur la Lune, géniale et terriblement mordante, nous explique que les Chinois seront les premiers à poser le pas sur la Lune.

De ma prison, est passionnante, sur la relation entre l'esprit et la machine, et notre avenir possible. (Qu'on souhaiterait bien éviter).

En chair, que j'avais lue dans le recueil (Pro)Créations de Lucie Chenu et m'avait déjà profondément marquée, dans un monde où les femmes n'ont plus le droit d'enfanter.

Mauvaise Nouvelle, jolie histoire de vengeance bien construite et pas du tout imaginaire, mais très bien menée. (Enfin, des tâches noires sur une radio abdominale peuvent être tout à fait anodine - le ventre est rempli d'air -, ne vous inquiétez pas trop vite, attendez l'avis du médecin... Ou pas...)

La nuit des trois veilleurs, jolie, très jolie nouvelle, qui apporte un peu de douceur dans un recueil très sombre, et un peu d'espoir. (Et qui met une claque au scénario du film Avatar, avec beaucoup de classe)

Une plage en Normandie me rappelle la nouvelle Le défilé de Simon Clark de la revue Fantasy 2005, en apportant ici une chute encore plus terrible, et bien plus réaliste et logique que dans la nouvelle que j'avais lue en 2005.

Le chant de l'esgasse offre une évasion totale, offrant l'un des plus beau et inhabituel récit de navigation et d'aventure qu'il m'ait été donné de lire.

Traces, me rappelle la nouvelle la Joie de recevoir de Michael Marshall, qui m'avait déjà profondément touchée, en apportant ici une touche délicate et une étincelle de douceur, dans un monde d'une noirceur infinie.

Finalement, Dernières nouvelles de la Terre... est la nouvelle la plus marquante - à mon sens - du recueil, où une planète hostile est le dernier refuge de l'humanité.

 

Au final, ce recueil permet de découvrir un auteur au talent immense, dans un ensemble sombre et dur, à travers des nouvelles de grande classe dont certaines font écho à des idéologies qui m'avaient déjà bouleversées, en y apportant une touche supplémentaire.

Je vous incite donc, une nouvelle fois, à vous pencher sur ce recueil au prix léger et qui mérite vraiment d'être lu et partagé. Il mériterait une bien plus longue analyse, mais je ne souhaiterais en aucun cas briser ici la surprise du lecteur.

 

 

Merci, Pierre, d'exister et d'écrire.

 

L'Atalante - 14 €

Sortie prévue le 19 août 2010

 

Fantasy - Revue des Editions Bragelonne 2005

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Publié dans Coups de coeur

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